Un salarié de votre entreprise s’apprête à partir à la retraite ? Avant son départ, vous avez une obligation souvent méconnue : lui proposer une sensibilisation aux gestes qui sauvent. Introduite en 2020 pour lutter contre l’arrêt cardiaque, cette mesure reste peu appliquée. Voici ce qu’il faut savoir pour être en règle.

D’où vient cette obligation ?

Elle a été créée par la loi n° 2020-840 du 3 juillet 2020 visant à créer le statut de citoyen sauveteur, lutter contre l’arrêt cardiaque et sensibiliser aux gestes qui sauvent. Elle figure dans le Code du travail à l’article L.1237-9-1, et ses modalités ont été précisées par le décret n° 2021-469 du 19 avril 2021 (articles D.1237-2-2 et suivants).

L’objectif est simple : les jeunes retraités disposent de temps et sont souvent présents auprès de leurs proches, de leurs petits-enfants ou dans des activités associatives. Les former, c’est augmenter le nombre de témoins capables d’agir dans les premières minutes d’un arrêt cardiaque, là où tout se joue.

Qui est concerné ?

  • Tous les employeurs de droit privé, quels que soient leur taille et leur secteur d’activité ;
  • les salariés qui partent volontairement à la retraite. La sensibilisation doit leur être proposée avant leur départ.

Concrètement, dès qu’un salarié vous annonce son départ en retraite, pensez à planifier cette sensibilisation pendant la période qui précède la fin de son contrat.

Ce que doit contenir la sensibilisation

Selon l’article D.1237-2-2 du Code du travail, la sensibilisation doit permettre au salarié d’être capable de :

  • assurer sa propre sécurité, celle de la victime et des témoins, et alerter les secours d’urgence ;
  • arrêter une hémorragie externe et installer la victime dans une position d’attente adaptée ;
  • reconnaître un arrêt cardiaque, réaliser un massage cardiaque et utiliser un défibrillateur automatisé externe.

Ce contenu correspond à la sensibilisation « Gestes qui sauvent », un format court d’environ deux heures, très concret, fait de démonstrations et de mises en situation pratiques.

Les règles pratiques à respecter

  • C’est du temps de travail : la sensibilisation se déroule pendant l’horaire normal de travail et elle est rémunérée comme tel.
  • Elle doit être dispensée par un organisme ou un formateur habilité, répondant aux conditions fixées par les ministères concernés (travail, santé, sécurité civile). Une simple vidéo ou une présentation interne ne suffit pas.
  • Elle peut être adaptée au parcours du salarié, par exemple s’il est déjà formé aux premiers secours (SST, PSC).
  • Gardez une trace : conservez l’attestation remise au salarié. Elle prouve que l’obligation a bien été remplie.

Pourquoi ne pas s’en contenter pour les seuls futurs retraités ?

Cette sensibilisation de deux heures est aussi un excellent moyen de diffuser les bons réflexes dans toute l’entreprise, en complément de vos sauveteurs secouristes du travail. Regrouper dans une même session les salariés proches de la retraite et d’autres volontaires permet d’optimiser l’organisation et le coût.

Pour les salariés qui doivent intervenir en premier en cas d’accident, la formation de référence reste le Sauveteur Secouriste du Travail (SST). Pour savoir combien en prévoir, lisez notre article SST en entreprise : combien de sauveteurs sont vraiment obligatoires ?

Organiser la sensibilisation avec Alpha Secourisme

Nous animons la sensibilisation « Les gestes qui sauvent » (2 heures, jusqu’à 15 participants), dans notre centre à Marseille ou directement dans vos locaux. Chaque participant repart avec un livret pédagogique et une attestation de sensibilisation.

Vous souhaitez aller plus loin ? Découvrez aussi notre formation à l’utilisation du défibrillateur et le Premiers Secours Citoyen (PSC).

Un départ en retraite à prévoir ? Demandez votre devis ou appelez-nous au 04 86 95 10 94.